Au royaume de la blockchain, les anticonformistes sont rois

Xavier Lavayssière bio photo Par Xavier Lavayssière

En février 2016 se tenait la conférence Lift, rassemblant à Genève les technologistes et anticonformistes de tout bord. La journée du jeudi abordant des thèmes techniques comme la blockchain ou les ondes gravitationnelle était l’occasion d’un débat plus large sur repenser notre société. Premières notes.

Blockchain et la transformation des organisations

Nous étions avertis dès l’introduction, il serait moins important de tout comprendre que de rester curieux. Dès le réveil, la présentation des équipes d’étherum n’épargnait pas les aspects techniques tout en présentant les enjeux et bénéfices de leur projet.

Petit rappel sur la blockchain :

Lorsque vous achetez un livre sur Amazon, ou réservez sur AirBNB, cela représente une information: X achète Y, A réserve B le 12 février… Actuellement, cette information est validée et stockée dans un seul système d’informations possédé par une entreprise, en l’espèce Amazon ou Airbnb. Pour l’hébergeur comme le voyageur, pour l’éditeur de livre comme l’acheteur, il est important que l’information soit sûre, en échange de quoi les deux acceptent de payer une commission à l’entreprise qui centralise l’information.

Avec la blockchain l’idée est que le système est décentralisé. L’information de votre transaction est partagée puis validée par un “mineur”. En ajoutant des informations comme l’état précédent de l’ensemble des données et la date, le mineur crée ainsi un “block”. La blockchain est alors l’historique validé et sécurisé de l’ensemble des transactions effectuées précédemment.

L’avantage est qu’aucune entreprise ne possède le système central, chaque nœud du réseau vérifiant ce que fait l’autre. C’est ce que propose Ethereum en reposant sur cette technologie, un ordinateur global décentralisé, où une monnaie permet d’échanger de la capacité de calcul et de stockage. Du coup, cela permet d’imaginer de nouveaux systèmes d’organisation, inspirés de vieux rêves de l’humanité. D’ailleurs plupart des présentations insistaient sur l’importance de la communauté:

Le mot clé du jour au côté de la #blockchain ? DAO pour Decentralized Autonomous Organization — François Guéno

De l’internet des objets à l’économie des objets

Aussi slock.it présentait sa solution destinée aux objets connectés. En ajoutant un petit ordinateur embarqué à chaque objet, on peut le rendre entièrement autonome. L’objectif est de passer du simple partage d’informations à un objet autonome capable de signer des contrats. Par exemple, vous êtes devant la porte d’un appartement libre et vous cherchez à vous loger. Directement vous interagissez avec la porte, qui signe avec vous le contrat de location et assure la rémunération du propriétaire.

Au delà de cette solution technique, le fondateur Stephan Tual nous présente une autre vision de la révolution technologique en cours:

S’inspirer de la nature et de la technologie pour penser le droit

La troisième présentation de la matinée questionnait les rapports entre droit, art et technologie. Primavera De Filippi chercheuse au CNRS et à Harvard, repousse les limites de la méthode scientifique en présentant des expérimentation de grande échelle. D’une part Backfeed, un système d’exploitation social pour permettre la collaboration sans système central.

D’autre part Plantoid, un objet numérique qui rassemble les propriétés des plantes et d’un objet connecté. Son processus de reproduction est en trois étapes:

  1. Capitalisation de bitcoins
  2. Choix d’une réalisation
  3. Embauche d’un artiste

Ensuite, la nouvelle œuvre ainsi crée rétribue son parent. Ainsi, l’artiste est incité à faire une œuvre de qualité, pour une œuvre déjà financée. Quand le droit actuel de la propriété intellectuelle favorise la protection, ce modèle ouvre la voix d’une autre forme de rétribution, via le partage.

plantoid

Suivez la suite de la conférence sur twitter avec #lift16

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